L'hommage le plus décent qu'on pourrait rendre à Patrick Dewaere serait d'oublier une bonne fois pour toutes la lecture très biographique que l'on fait de sa carrière cinématographique. Cette lecture a contaminé bien des documentaires, bien des livres qui, sous couvert d'honorer sa mémoire, achoppent ou se vautrent inconsidérément dans le fantasme.

Dewaere n'est pas le seul à subir cet écueil, mais sa personnalité complexe et ses films tourmentés rendent l'équation si simpliste que l'on a perdu de vue ce qu'était son travail d'acteur. Or on tient là un comédien d'un grand professionnalisme et même si l'expression semble moins glamour ou moins racoleuse qu'une évocation dramatique de son destin brisé, on ne peut pas comprendre le jeu de Dewaere si l'on n'y met pas un peu d'analyse, un peu de technique.