luz

Luz quitterait Charlie dans quelques mois. Si cela est vrai, on ne peut que lui souhaiter de dessiner en paix, d'aimer sa nana tranquillement et de se promener sans avoir des gardes du corps à ses basques. Les imbéciles qui prétendent qu'il renonce à son combat oublient qu'on peut aussi, à titre individuel, ne pas avoir envie de mourir pour un combat que les autres vous imposent (ils n'ont qu'à y aller si ça les chante, ils n'ont qu'à rentrer dans ce Charlie bunkérisé, pour longtemps bunkérisé plutôt que de donner des leçons de morale).

On peut très bien ne pas sacrifier sa vie pour des idées. En tout cas, faire porter une charge symbolique et politique à un mec qui dessine des petits bonhommes, c'est un peu too much, non ? Si l'on veut incarner des symboles, les matérialiser en dessins, on devient Plantu et on fait le tour des plateaux télé pour expliquer le sens de ce que l'on fait à des gens supposés idiots. Mais Luz n'est pas Plantu. Heureusement. Luz est juste un mec qui a envie de s'éclater en dessinant et à qui les circonstances ont imposé -outre la perte atroce d'amis chers- une charge dont ses épaules ne veulent pas. Et franchement, s'il envoyait tout valdinguer, s'il se tirait sur un bras d'honneur exaspéré pour aller découvrir la beauté de la Nouvelle-Zélande et s'adonner à la pêche, on lui dirait : "Bon vent à toi, mon gars, merci pour toutes ces années et tu reviens nous voir quand tu veux, si tu veux !"