En mai 1985, Coluche effectue son grand retour médiatique, via une émission dont on on parlait beaucoup ces années-là : Le Jeu de la Vérité. Soumises à un feu de questions insidieusement sélectionnées et posées par les télespectateurs (au standard ou sur le plateau), les stars se trouvaient parfois bousculées, voire plus. On se souvint que Chantal Goya y laissa les plumes de son chapeau magique et en voulut beaucoup au souriant Patrick Sabatier... lequel jouait très bien son rôle de gendre idéal, mais qui n'en pense pas moins.

Le format de l'émission ne pouvait que plaire à Coluche. Son sens de la répartie s'accommodait idéalement d'un principe aussi sournois. Au-delà de ses saillies habituelles, il y trouva également les moyens d'une confession publique (sa dépendance à la drogue, la campagne présidentielle de 81, etc.). 

On sait que ce Jeu de la Vérité fit exploser l'Audimat et marqua le retour de l'amuseur sur le devant de la scène. Pourtant, en visionnant à nouveau l'émission, je n'ai pas trouvé son humour si drôle, si irrésistible. En tout cas, beaucoup moins que dans le souvenir que j'en avais (mais j'étais plus jeune)

Au-delà de son indéniable force comique, ce qui est  gênant chez Coluche, c'est une volonté de faire rire à n'importe quel prix, y compris en flirtant avec le poujadisme le plus rance. Aujourd'hui que Michel Colucci est béatifié, il devient difficile de le taxer de facilité ou de vulgarité. Pourtant, il suffit de se rappeler un moment de l'émission : quand, à une pertinente question d'un métis, l'humoriste suggère de mettre les feignants au travail, on se désole qu'il ne reconnaisse pas tout simplement son incompétence en matière de politique ou d'économie et qu'il se vautre inconsidérément dans la médiocrité la plus crasse, pour plaire à la frange la plus "beauf" de son public.