Il y a un peu plus d'un an, j'ai arpenté les rues de Rouen avec ces lignes que j'avais apprises par coeur. C'était bien la première fois, en dehors de ce que l'école m'a imposé.

Extrait du chant II des Chants de Maldoror. La mélodie me saisit encore : "C'était le matin. Le soleil se leva dans toute sa magnificence et voici qu'à mes yeux se lève aussi un jeune homme, dont la présence engendrait des fleurs sur son passage". La suite est un lugubre sillon tracé dans les chemins de l'épouvante, jusqu'à cet improbable accouplement avec une femelle requin, union hideuse qui engendra plus d'un surréaliste. Un souvenir assez cocasse me ramène quelques années en arrière (bien des années, en fait), dans une crêperie où j'avais invité une jeune femme que je lutinais depuis quelques jours. Lorsqu'au hasard de la conversation j'en vins à cet extrait, elle me regarda avec des yeux aussi ronds que des mirabelles et ne me donna plus signe de vie, une fois l'addition payée. Pas grave.