france-dimancheOn relâche ses muscles, on file chez son docteur, et comme on n'a absolument rien à faire, on arrête de regarder la grand-mère d'en face qui s'étiole. On lorgne vers le porte-revues, et là, on voit toujours un bon vieux "France Dimanche" qui traîne (rare que les cabinets médicaux débordent de revues intellectuelles).

On avise la une et ses titres apocalyptiques. Car ce magazine, c'est la revanche des anonymes sur les célébrités. On vous apprend à longueur de pages que les stars sont malheureuses et que c'est bien le prix à payer quand on a rencontré le succès.

Bien souvent, donc, des titres chocs, accompagnés de photos où les peoples sont "shootés" sans retouche dans des postures peu avantageuses, avec des cernes sous les yeux, des bourrelets sur les hanches et des soucis dans leurs valises.

A vous dégoûter d'être connu, finalement. Car la célébrité est une malédiction, m'sieurs dames.

Si vous n'êtes pas dans "France Dimanche", c'est parce que :

- votre carrière n'est pas en perte de vitesse
- l'un de vos proches n'est pas mort d'une terrible maladie ou d'un accident de voiture.
- un scandale financier, sexuel, etc... ne pèse pas sur votre personne.

Si vous êtes une star et que vous remplissez parfaitement ces trois critères, vous êtes sûr(e) de faire la "une" pendant plusieurs semaines.

"France Dimanche" est un excellent baromètre de santé : quand on ne s'y trouve pas, c'est que tout va bien.

En même temps, on reçoit des nouvelles de gens à qui la célébrité a purement tourné le dos : on apprend par exemple que Daniel Guichard inaugure un supermarché, ou que Marthe Mercadier s'entend très bien avec ses petits enfants (on est content pour elle). On a l'impression que ces articles sont des cartes postales envoyées en poste restante à des petites mémés, qui sont bien contentes de les recevoir.

Et puis, il y a toujours une recette de cuisine ou des mots croisés à faire, entre un article sur la verrue plantaire de Rika Zaraï, et le furoncle de feu Robert Lamoureux.

Bon, allez, pas trop longtemps quand même. N'abusons pas des bonnes choses. D'ailleurs, le médecin arrive...