Il y a quelques années, au hasard d'une émission télévisée, Jean-Marie Bigard et Jean Roucas se sont retrouvés sur un même plateau. Le premier, à la proue du navire, le second, sous la ligne de flottaison.

Roucas, hélas ! 

Quel qu'en fût le prix, il venait à nouveau d'exister sur la scène médiatique, par la grâce d'une apparition bêtifiante qui le condamnait irrémédiablement à l'opprobre publique. Heureusement pour lui, une cohorte de "has been" avait eu la même velléité, de sorte qu'on oublia tout ce petit monde aussitôt l'écran éteint.

Ce soir-là donc, dans la susdite émission, Jean-Marie Bigard affecta des manières qu'on ne lui connaissait pas, mais qui ne le rendirent pas plus sympathique pour autant. Au contraire. Disons qu'à ses habituelles fariboles, il ajouta une prévenance si cauteleuse que le pauvre Roucas dut regretter de ne pas s'être désisté au profit de Pierre Douglas. En fait, l'on ignorait l'intimité de ces deux stars du rire. C'est elle qui poussa sans doute l'inénarrable parangon de la poilade à cette licence poétique : "Mon Jeannot".

A qui Bigard faisait-il allusion ? A Jeannot-Lapin ?

En tout cas, pourfendu par l'hypocoristique formule, Jean Roucas se figea dans un mutisme réprobateur.