Douze ans avant Conte d'été, Amanda Langlet se promenait déjà au bord de la plage, où elle se faisait courtiser par Simon de la Brosse, acteur trop tôt disparu. En revoyant Pauline à la plage, j'ai tenté de retrouver la magie de cet autre film, de ce film que j'aime tant, de ce film qui m'accompagnera toute ma vie. J'en ai retrouvé des bribes, mais les longues pérégrinations existentielles de Gaspard, épousant les circonvolutions des chemins empruntés, laissent ici place à une oeuvre moins poignante, quoique délicieuse. Le coeur même du noeud conflictuel se cristallise dans un personnage de marchande, un peu Arletty, joliment interprété. Mais... mais... mais... rien ne vaut cette histoire entre Margot et Gaspard. Depuis, on n'a plus trop revu Amanda Langlet, pourtant si émouvante, si pétri d'émotion sur son embarcadère qu'on a envie de pleurer l'histoire avec elle. Le dernier plan de Conte d'été est celui d'un bateau qui s'éloigne, dans Pauline, c'est un portail qui se ferme (comme une parenthèse). Je préfère une fin en suspens. Parce qu'après Conte d'été, les regrets sont livrés aux quatre vents, à ciel ouvert.